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Police : l'Unsa face au mal-être

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- Depuis le début de l'année 2014, 46 policiers se sont donnés la mort. Au cours de ces cinq dernières années, la moyenne des suicides dans la police nationale tourne autour de 42 par an. Ce chiffre est extrêmement inquiétant et révélateur d'un mal-être profond dans la police. Ce désarroi ne touche pas seulement les gardiens de la paix, mais tous les échelons de la police. Nous aimerions déjà que le ministère de l'Intérieur soit plus transparent avec nous dans son travail, que nous sachions davantage qui s’occupe de la prévention suicide. Le dossier nous donne l'impression d'être traité par tout le monde et personne à la fois. Il faudrait ensuite créer des cadres de dialogue au sein des commissariats, permettre aux policiers d'exprimer ce qu'ils ressentent. Au retour d'une intervention difficile, aucun ?debrief ? collectif n'est jamais prévu, par exemple. C’est une initiative simple mais qui permettrait à chacun de confier son ressenti, faire son autocritique ou même se féliciter si besoin. Certaines angoisses se régleraient facilement si elles avaient la possibilité d'être évacuées.

Aujourd'hui, il est difficile pour un policier d'avouer son mal-être ?

C’est quasiment impossible. Il fait partie du métier de policier de se montrer fort, courageux. Pourtant chacun rencontre à un moment ou un autre des doutes, des questions, des difficultés. Mais montrer qu'on a des failles, c’est prendre le risque d'être stigmatisé, exclu du groupe. D’autant plus que la hiérarchie voudra retirer son arme à cet homme, et qu'il ne pourra donc plus aller sur le terrain. Quand vous êtes un passionné de terrain, vous retrouvez à exécuter des tâches de bureau ne fera qu'accentuer votre malaise.

Vous pensez donc qu'il ne faut pas retirer son arme à un policier en difficulté ?

Cela ne doit pas être automatique. Ceux qui le veulent devraient en effet pouvoir déposer leur arme dans un casier spécifique. Mais la priorité réside dans l'instauration d'un climat de confiance et de dialogue. La mort malheureuse de Rémi Fraisse est, par exemple, très mal vécue par les policiers aujourd'hui. Déjà parce que c’est un fait très grave. Aussi parce qu'ils sont l'objet de tous les quolibets, insultes, etc. Dans la rue, des inconnus les traitent de ?tueur de manifestant ? gratuitement. Dans leurs familles, ils ont tous un parent plus ou moins proche pour les insulter à chaque réunion. Les policiers n'en peuvent plus d'être stigmatisés, montrés du doigt, de voir leur travail dénigré. Pas une seule réunion n'a été prévue pour évoquer la suspension de l'utilisation des grenades décidée par Bernard Cazeneuve, pas un seul cadre de discussion pour discuter de la mort de ce manifestant et des questions qu'elle pose. Ce n'est pas normal. Nous devons également rencontrer le ministre de l'Intérieur d'ici le début 2015 en vue de l'élaboration d'un plan d'action. C’est ce que nous lui dirons.

Philippe Capon, secrétaire général Unsa Police.

Lire aussi : http://unsapoliceouest.wix.com/unsa...


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